(CON)TESTER LA BOMBE FRANÇAISE : L'IMPLANTATION DU CEP AU REGARD DES LUTTES ANTINUCLÉAIRES (1962-1966) [March 26, 2021]

 Summary

Résumé :

Les acteurs opposés aux essais nucléaires figurent rarement dans l’historiographie francophone consacrée au nucléaire militaire, centrée sur une vision géostratégique de la dissuasion nucléaire ou sur des acteurs étatiques. Les premières interactions militantes entre la Polynésie Française et la Métropole permettent cependant de saisir certaines dynamiques politiques de l’implantation du CEP encore peu étudiées, à travers l’étude des répertoires de pratiques et des idéologies qui animèrent ces groupes et individus. La première action de désobéissance civile contre un site liée à la bombe française est organisée dès 1959 par la mouvance non-violente de l’Arche, menée par Lanza del Vasto, un disciple de Gandhi, lors de l’occupation de l’usine de Marcoule produisant du plutonium de qualité militaire. La Guerre d’Algérie obstrue par la suite la contestation des essais sahariens, si ce n’est au sein du Mouvement de la Paix, proche du Parti Communiste Français (PCF), cristallisant les tensions entre militants pacifistes ne souhaitant pas être accusés par l’Etat de faire l’objet d’une manipulation soviétique. En 1964, l’ancien résistant Claude Bourdet créé le Mouvement Contre l’Armement Atomique (MCAA) avec le biologiste Jean Rostand, qui diffuse un appel contre le CEP avec le député polynésien John Teariki, ainsi qu’Albert Schweitzer, lauréat du prix Nobel de la Paix. Les militants du MCAA organiseront en 1966 une « Campagne Polynésie » qui comporte : un « Meeting de protestation » au mois de juin au Palais de La Mutualité (Paris Ve), des publications dans la presse, affichages dans les rues, et diverses marches et manifestations dans les régions où le groupe est implanté. Avant tout, ils tissent des liens avec d’autres organisations antinucléaires en Europe, en Amérique, et en Océanie. Sur la base d’une collecte d’archives privées et étatiques réalisée en Métropole pendant sa première année de thèse, Clémence Maillochon présentera les différents milieux militants s’étant engagés contre la construction du CEP, comme les objecteurs de conscience de la mouvance antimilitariste de Lyon. Des portraits d’acteurs individuels, tel celui d’Albert Schweitzer, médecin, pasteur et philosophe à l’origine de la notion de « Respect et responsabilité pour la vie », permettront également d’amorcer une histoire de la circulation des idées, afin de réaliser un état des lieux des dynamiques militantes à l’aube du premier essai à Moruroa.  

 

 Clémence Maillochon

Clémence Maillochon est doctorante en histoire à l’Université de Haute-Alsace. Ses travaux se concentrent sur les réseaux de militantisme contre le Centre d’Expérimentation du Pacifique. Après une formation de journaliste-reporter-d’image, Clémence Maillochon s’est orientée vers la recherche en réalisant un Master à l’Institut Français de Géopolitique, dans le cadre duquel elle s’est rendue dans le Sahara algérien afin d’étudier les impacts sociétaux des essais nucléaires d’In Ecker chez les populations du Hoggar.

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